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Les enfants autistes et la capacité du cerveau limbique (cerveau des émotions)

Ce texte est réellement écrit le 11 septembre 2008

Ma fille Eléonore était un bébé en parfaite santé jusqu’à ce qu’elle soit vaccinée contre la rougeole. Comme il est décrit dans ce blog, elle a rapidement régressé, ne jouant plus du jour au lendemain et elle a eu une peine énorme au niveau de ses apprentissages scolaires. A l’école, en plus de sa difficulté de se relier à ses camarades, de jouer avec eux et de leur parler, elle avait de grandes difficultés dans l’apprentissage des maths et du français.  Elle était également très lente et souffrait de nombreux toc et stéréotypies. Elle est aujourd’hui complètement guérie, mais j’aimerais bien décrire ce que j’ai pu observer au niveau du développement de son cerveau. Ce ne sont que des observations de maman. Mais, à force de la côtoyer tous les jours, il y a des choses particulières que j’ai pu observer et qui se sont reproduites (qui n’étaient pas le fait du hasard).

Pendant des années, nous avons eu le sentiment de ne jamais la voir progresser, grosso modo, on pouvait la voir constamment sur les genoux d’un adulte, le pouce dans la bouche, très calme. A l’âge de 6 ans, elle avait un an d’âge mental, cela a été révélé par des tests psychologiques faits chez un spécialiste des enfants souffrant de déficit d’attention.

Nous avons arrêté de lui donner du gluten en plus de l’éviction des produits laitiers. C’est à ce moment là, que les choses se sont mises très progressivement à changer, nous l’avons vue  progresser, mais il aurait été difficile de dire ce qui s’est développé en premier. Elle a progressé, à son rythme bien sûr, mais pas tout à fait de la manière dont un enfant qui n’a pas souffert d’autisme se développe.   Comme l’a décrit Jean Piaget, le cerveau d’un enfant se développe par étapes dans un ordre bien particulier, comme des séquences qui se suivent.Eléonore a récupéré bon nombre de ses apprentissages, mais elle a surtout commencé par développer son cerveau limbique, le siège de la mémoire. On pourrait même dire que pendant plusieurs années, elle a tout fait seulement avec sa mémoire.

Elle a d’abord commencé à amélioré son écriture, puis la lecture. Les maths ont toujours été sa bête noire. Ce n’est qu’à partir de l’âge de 10 ans et demi, qu’un déblocage lent s’est fait.  En revanche, si nous lui demandions de répéter un mot d’une langue étrangère, elle arrivait à imiter le bon accent instantanément. Je rappelle à ceux qui n’ont pas lu mes précédents articles que je lui chantais ses maths! En effet, si nous lui demandions de faire un exercice intellectuel par la parole, comme une dictée ou une addition, nous n’obtenions pas grand chose. En revanche, dès que nous avons sollicité son cerveau limbique, comme je l’ai nommé en lui enseignant ses apprentissages par le chant, nous avons vu des choses fonctionner plus aisément.  Je me souviens lui avoir dicté une phrase en parlant. Elle n’a pas trop retenu l’orthographe. Après avoir chanté la phrase plusieurs fois, dicté les lettres en les chantant plutôt qu’en les disant, j’ai à ce moment constaté qu’elle retenait plus facilement l’orthographe et surtout qu’elle s’en souvenait plus longtemps.

Mais ce qui était le plus frappant, c’était la mémoire.
En quatrième primaire, (avant qu’elle n’aille dans le privé) alors que sa maitresse constatait que sur le plan scolaire, elle était toujours la dernière de sa classe, c’est-à-dire, celle qui avait le plus de difficultés, cette dernière fut surprise de voir Eléonore finir la première dans un jeu sur la mémoire.  Il s’agissait de nommer oralement des noms d’aliments commençant par une lettre particulière, par exemple, avec la lettre « a » (ananas, abricot, artichaut, etc) et les enfants qui souhaitaient continuer la liste pouvaient le faire mais en renommant tous les aliments qui avaient déjà été nommés. Eléonore a paraît-il « gagné » le jeu, pourtant, il paraît que les premiers de classe essayaient de faire mieux qu’elle, mais elle a eu une facilité déconcertante. La maîtresse m’a convoquée pour me dire que sa mémoire était bien au-dessus de la moyenne.

On lui fit faire un autre jeu: des figurines de toutes sortes étaient dessinées sur une feuille, par exemple un oiseau, un ballon, un vélo, etc, il y en avaient beaucoup, plus de 25. Eléonore n’a eu aucune peine à les nommer une fois la feuille retournée et elle réussit même à nous dire où les figurines se trouvaient sur la feuille.

Si, on lui fait une liste de 15 mots dans un ordre précis, par exemple:( ballon, chaise, fauteuil, citron, table, statue, figue, vélo, poubelle, nappe, voiture, maman, antenne, peuplier, pomme), non seulement, elle est capable de les restituer dans l’ordre dans lequel nous l’avons dit, mais aussi dans l’ordre inverse, c’est-à-dire en commençant par le dernier nommé,  sans en oublier un seul. (ce qui est très difficile à faire).
Elle a aussi une capacité de reconnaître des endroits qu’elle a vu une fois, exemple: si nous montrons dans un journal la photo d’une maison, elle est capable de nous dire où se situe cette maison, dans quelle rue, bien sûr pour autant qu’elle ait au moins fréquenté une fois cette rue.

Si je perds un objet, Eléonore me le retrouve souvent (car, elle se souvient où je l’ai déposé). Elle est très observatrice et repère le moindre changement.

Elle remarque aussi les moindre détails. Dans une photo, elle est souvent la seule à repérer un petit détail que personne ne voit. Quand elle fait un jeu, par exemple de regarder deux photos dont certains détails ont été modifiés d’une photo par rapport à l’autre, elle le fait quasiment instantanément.

Pour l’apprentissage du vocabulaire des langues étrangères, elle a une facilité déconcertante, elle retient tout de suite le mot qu’elle lit.

Toute cette description pour se poser des questions sur le comment du développement de son cerveau.

Recommençons par étapes:

1. Vaccination contre la rougeole à 15 mois

2. Instantanément diarrhées pendant un an.

3. Régression rapide. Elle jouait, elle était joyeuse, pleine de vie, du jour au lendemain elle ne joue plus! C’est le détail qui doit le plus interpeller une personne qui observe un enfant entrain de partir dans l’autisme régressif et surtout cela doit alerter. Ce n’est pas normal. En effet, un enfant doit jouer, c’est le début des ses futurs apprentissages scolaires. Je suis un peu étonnée que par le passé, les spécialistes consultés ne m’ont jamais alerté sur ce phénomène. Pour avoir observé mes 3 autres enfants, je peux affirmer aujourd’hui qu’un enfant qui se développe harmonieusement, joue tout le temps.

4. Difficultés scolaires que l’on sait, incapacité quasi totale avec les chiffres. La séquence des chiffres un à dix, n’évoquait strictement rien pour elle. Elle ne faisait aucune différence entre deux et trois pommes.

5. Ce qui me frappa, c’est que quand nous lui posions une question, par exemple de nous dicter un mot, elle faisait un très long instant silence, puis tentait de nous restituer l’orthographe du mot uniquement par le mémoire (comme si son cerveau limbique prenait la relève du néo-cortex).

6. Le développement de son cerveau s’est fait dans l’ordre suivant:

D’abord développement de la mémoire, bien au-delà de la moyenne, puis réapprentissage progressif très lent du français et des maths en dernier. Le système moteur s’est progressivement réorganisé comme les maths.

A aujourd’hui 12 ans, elle est complètement guérie.

Ce qu’elle a également énormément développé, c’est sa capacité de chanter.

Selon sa professeur de chant, une cantatrice, elle est non seulement capable d’apprendre très vite une mélodie et un texte surtout dans une langue étrangère, par exemple du Puccini en Italien ou du Mozart en allemand. Mais, ce qui est particulier, c’est qu’elle le retient dans sa totalité.  Elle arrive à monter dans les aigus facilement autant que dans les basses, et a une facilité déconcertante. Elle a chanté à la fête de la musique, et il faut bien se rendre à l’évidence qu’elle a une facilité dans le domaine du chant. On dirait que c’est naturel et qu’elle n’a aucun effort à faire. Sa professeur de chant se dit interloquée par les progrès très rapides.

Elle joue également du violoncelle.

Ce qui est évoqué ci-dessus, nous fait penser que le cerveau limbique d’Eléonore, nommé également le cerveau du siège des émotions, cf définition du cerveau limbique dans wikipédia:   http://fr.wikipedia.orgwiki/SystC3%A8me_limbique est particulièrement développé.

Peut- on supposer que suite au délabrement de la paroi de son intestin grêle, Eléonore aurait endommagé les neurotransmetteurs de son néo-cortex, (siège de nombreux apprentissages scolaires, type maths et français) et que le cerveau limbique qui n’aurait subi aucun dommage particulier, aurait pris la relève en se développant plus que de moyenne. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais il me semble que le cerveau qui a été lésé dans une zone, a la capacité de compenser en développant une autre zone. J’aimerais bien savoir si le neo-cortex des enfants souffrant d’autisme régressif est altéré. Je suis sûre qu’Eléonore a eu beaucoup de neurotransmetteurs qui ne fonctionnaient pas bien, notamment la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine (nous l’avons vu dans ses analyses de sang). En établissant un régime sans gluten et sans protéines de lait, elle a réparé son intestin grêle et par conséquent amélioré la synthèse de ses neuro transmetteurs qui sont faits dans l’intestin grêle. La suite est connue, c’est à ce moment qu’elle a commencé à progresser.

Je résume cela en  5    points:

1. Altération de la paroi du grêle

2. effondrement de ses neuro transmetteurs

3. incapacité dans ses apprentissages scolaires

4. modification du régime alimentaire

5. Redéveloppement de son cerveau, mais lequel? (le limbique ou le néo-cortex)

 

Il est souvent avéré que les personnes souffrant d’autisme ont une mémoire très au-delà de la moyenne.

Je pense que l’autisme régressif est un sujet qui pourrait permettre de mieux connaître le fonctionnement du cerveau.

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Ajout: Dans l’émission Temps présent du 13 novembre 2008 consacrée aux jouets sexuels, j’ai été frappée par une scène:

Une femme a le désir de transmettre la sexualité à ses deux enfants souffrant d’un autisme très profond. Ils sont dans une institution. Leurs gestes sont saccadés, typiques des personnes souffrant d’un autisme très avancé. Elle leur donne à chacun un petit canard qui vibre et leur montre comment éprouver du plaisir en passant le petit canard le long du cou et sur le visage. Petit à petit, les deux adultes ont des gestes plus coordonnés, ils éprouvent du plaisir et ça se voit, et pendant un court instant les muscles de leurs visages ne bougent plus dans tous les sens, de manière désordonnées, ils ferment presque les yeux nous montrant qu’ils ressentent du plaisir.  Je me demande dans quelle mesure cette scène ne nous renseigne pas sur le fait que le cerveau limbique, ou du moins une partie du cerveau limbique est moins atteint que le néo cortex, mais là encore, je ne suis pas neurologue ce n’est que ce que j’ai pu observé!

 

 

 

 

3 Réponses à “Les enfants autistes et la capacité du cerveau limbique (cerveau des émotions)”

  1. EG dit :

    Excellent témoignage que nous voudrions utiliser avec votre accord.
    Concernant le cerveau qui s’est endommagé suite vaccination:
    Il s’agit du cerveau vibratoire très fragile chez les hypersensibles.
    Nous en parlons sommairement dans ce site.
    Un article plus élaboré est en cours de rédaction
    Nous pourrons vous le faire parvenir si vous le désirez
    Cdlt

  2. แหวน dit :

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  3. Moa dit :

    Vraisemblablement, le cerveau à la capacité de voir certaines aires prendre le relais d’autres aires endommagées (plasticité du cerveau).

    C’est ce processus qui permet à des personnes ayant eue un accident et ayant perdu l’usage de la parole, de réapprendre à parler (l’aire du cerveau gérant la parole ayant été irréversiblement endommagé).

    C’est la raison pour laquelle ils doivent véritablement réapprendre à parler.

    Et effectivement, le cerveau lymbique semble impliqué dans l’autisme (d’ailleurs la mémoire est très liée au émotions).

    De ce que j’ai pu lire, il semblerait que les spécialistes s’accordent à dire qu’il y aurait surtout déficience du système lymbique (mais l’autisme ne se résume pas à des handicaps ; aussi à des atouts).

    Merci pour ces informations très enrichissantes.

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